Une ambiance saturée de bleus, des corps sans âme, en dérive, l'eau porte et enveloppe celui qui veut bien s'abandonner. Seul avec la compagnie de l'eau qui touche et caresse, dessine les limites de l'enveloppe dans un contact sensoriel où la peau a la première place. Ne plus sentir les repères de son poids terrestre, de s'anéantir dans une étreinte mortelle et privilégier le contact avec l'eau est l'appropriation subjective du corps. Il se fait l'écho du mouvement et cet écho de l'eau témoigne de sa présence, de soi, de l'autre.
La symphonie du mouvement « nagé » dans lequel notre anatomie se transforme pour la conquête de l'inconscient (retour à la naissance) et du vide nous amène à des séquences posturales inédites.
Dans la plupart des photographies, le corps humain immergé trouve une position d'équilibre qui correspond à sa flottabilité. Lorsque sa densité est supérieure à celle de l'eau, il ne flotte pas, il coule, ici en l'occurrence l'image inversée nous détourne de ce corps lourd, et nous renvoie à la position de l'espace atmosphérique. Qui y a-t-il derrière cet écran miroir ? Le vide et l'attirance de l'inconnu !
Ses photographies de piscines ont été prises dans un bassin lambda. Il y eu deux travails sur cette série, le premier consistait à ne pas se faire localiser par les visiteurs, le second devait rentrer dans la norme juridique des lieux publics pour afficher les travaux en toute sincérité convenable vis-à-vis des sujets photographiés (pas de signes distinctifs, tatouage, cicatrice, etc.).